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Ferritine et inflammation : pourquoi 2 seuils clés changent la lecture de votre prise de sang

Tube de prélèvement sanguin et compte rendu d'analyse montrant la ferritine et l'inflammation

⚕️ Cet article est à visée informative et ne remplace pas un avis médical. Consultez toujours votre médecin pour interpréter vos résultats.

Votre ferritine est « normale », mais vous êtes épuisé(e) et votre médecin soupçonne un manque de fer ? Ce n’est pas forcément contradictoire. Ferritine et inflammation forment un duo délicat : la ferritine augmente quand le corps est enflammé, même si les réserves de fer sont basses. Deux textes de 2026 apportent des repères pour ce cas précis : l’évaluation de la Haute Autorité de santé (HAS) sur le coefficient de saturation de la transferrine, et les recommandations de l’American Society of Hematology (ASH).

Cet article explique ce qui change quand une inflammation est présente, quels sont les deux seuils à connaître et comment préparer votre prise de sang. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin.

Ferritine et inflammation : pourquoi un taux normal peut tromper

La ferritine est la protéine qui stocke le fer. Quand elle est basse, le diagnostic de carence en fer est quasi certain : la HAS indiquait déjà en 2011 qu’une ferritine abaissée « affirme le diagnostic ». Mais la ferritine est aussi un marqueur de l’inflammation. Infection, maladie chronique, cancer ou insuffisance cardiaque peuvent la faire monter.

Résultat : une ferritine normale ou élevée n’exclut pas une carence en fer chez une personne qui a une inflammation. Pour les bases, consultez notre guide sur la ferritine et ses valeurs normales.

Le premier seuil : le coefficient de saturation sous 20 %

Le coefficient de saturation de la transferrine (CST) indique quelle part de la protéine de transport du fer est réellement chargée en fer. Contrairement à la ferritine, il reste bas en cas de carence même quand l’inflammation fait grimper la ferritine.

Selon Vidal et La Revue du Praticien, qui rapportent l’évaluation publiée par la HAS le 1er juin 2026, le CST est utile pour diagnostiquer et suivre une carence en fer dans quatre maladies chroniques avec une composante inflammatoire :

  • la maladie rénale chronique ;
  • l’insuffisance cardiaque, en particulier à fraction d’éjection réduite ;
  • les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ;
  • les cancers, notamment sous chimiothérapie.

Le seuil habituellement retenu est un CST inférieur à 20 %, mais il varie selon les recommandations et les maladies. Pour comprendre ce marqueur, lisez notre article sur le coefficient de saturation.

Le second seuil : ferritine sous 100 ng/mL en cas d’inflammation

Du côté américain, l’ASH a publié en 2026 ses premières recommandations fondées sur les preuves pour diagnostiquer la carence en fer. Pour les adultes avec une anémie d’origine inflammatoire, la carence peut être envisagée si la ferritine est inférieure à 100 ng/mL ou si le CST est inférieur à 20 %. L’un des deux résultats suffit.

SituationRepèreSource
Ferritine basse, sans inflammationSuffit à affirmer la carenceHAS 2011
Ferritine normale ou élevée, maladie chronique inflammatoireCST sous 20 % à rechercherHAS 2026, rapporté par Vidal
Adulte avec anémie inflammatoireFerritine sous 100 ng/mL ou CST sous 20 %ASH 2026

Ces seuils américains ne sont pas des recommandations françaises. Pour les nouveaux repères de l’ASH hors inflammation, voyez notre article sur la carence en fer sans anémie.

Comment préparer la prise de sang

La HAS recommande de réaliser le dosage du fer et de la transferrine le matin, à jeun, et de ne pas prélever pendant une inflammation aiguë. Pour les contrôles, il est conseillé de rester dans le même laboratoire. De son côté, l’ASH conseille un jeûne d’environ 5 à 9 heures avant la mesure de la saturation et d’éviter les compléments contenant du fer.

Ne modifiez pas un traitement de votre propre initiative : demandez à votre médecin comment organiser le prélèvement.

Dernières avancées scientifiques

D’après PubMed, les recommandations de l’ASH reposent sur des revues systématiques de la littérature allant jusqu’en juillet 2025, évaluées avec la méthode GRADE, qui sert à mesurer le niveau de confiance d’une recommandation. Le comité a formulé cinq recommandations, dont une consacrée au diagnostic en présence d’inflammation. Selon la presse médicale, le niveau de preuve est faible à très faible pour plusieurs d’entre elles.

Ce que cela change pour vous : le diagnostic ne repose plus sur un seul chiffre. En cas d’inflammation, votre médecin peut ajouter le CST à la ferritine pour mieux voir vos réserves. Ces repères pourront évoluer avec de nouvelles études.

Quand consulter

Parlez-en à votre médecin si une fatigue durable, un essoufflement à l’effort, une chute de cheveux ou des jambes sans repos persistent malgré une ferritine jugée normale, surtout si vous avez une maladie inflammatoire ou chronique. Consultez rapidement en cas de douleur thoracique, de malaise ou de saignement important.

Si votre ferritine est basse, notre guide sur la ferritine basse détaille les causes et les démarches habituelles.

Glossaire

  • Ferritine : protéine qui stocke le fer ; elle augmente aussi en cas d’inflammation.
  • Coefficient de saturation de la transferrine (CST) : part de la protéine de transport qui porte du fer.
  • Carence martiale : manque de fer dans l’organisme.
  • Anémie inflammatoire : baisse de l’hémoglobine liée à une maladie qui perturbe l’utilisation du fer.
  • GRADE : méthode d’évaluation du niveau de preuve d’une recommandation.

FAQ

Peut-on avoir une ferritine normale et une carence en fer ?

Oui, en cas d’inflammation, car la ferritine monte alors que les réserves de fer sont basses. Le coefficient de saturation aide à trancher.

Quel est le seuil du coefficient de saturation ?

On retient généralement un CST inférieur à 20 %, mais le seuil varie selon les recommandations et les maladies.

Faut-il être à jeun pour doser la ferritine et inflammation ?

Pour le fer et la transferrine, la HAS conseille un prélèvement le matin à jeun. Suivez les consignes de votre laboratoire.

Dois-je prendre du fer si ma ferritine est sous 100 ng/mL ?

Pas automatiquement. Ces seuils servent au diagnostic ; la décision de traiter revient à votre médecin.

Les seuils de l’ASH s’appliquent-ils en France ?

Ce sont des recommandations américaines, qui n’ont pas valeur de recommandation française.

Sources

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Auteurs/autrices

  • AI DiagMe

    L'équipe AI DiagMe réunit médecins, spécialistes cliniques et éditeurs médicaux. Nos articles sont rédigés par des professionnels de la communication en santé puis révisés et validés par les médecins de notre comité scientifique, composé de praticiens hospitaliers en exercice dans des spécialités telles que l'hématologie, l'endocrinologie et la médecine générale. Chaque contenu s'appuie sur les directives cliniques en vigueur et les publications médicales évaluées par les pairs.

  • Dr. Claude Tchonko, médecin du comité scientifique d'AI DiagMe

    Dr Claude Tchonko est hématologue, en exercice depuis 2013, exerçant actuellement à la Clinique Mas de Rochet (Castelnau-le-Lez). Fort d'un parcours international, il est spécialisé dans la prise en charge des hémopathies malignes (leucémies, lymphomes, myélomes), avec une expertise particulière dans les traitements par autogreffe de cellules souches, la thérapie CAR-T et l'optimisation des parcours de soins en onco-hématologie.

    Auteur d'un ouvrage de référence, « Les hémopathies lymphoïdes au Mali », il combine pratique clinique et participation active à des projets de développement de solutions technologiques en santé.

    Titulaire d'un Doctorat d'État en Médecine (Faculté de Médecine de Bamako, 2006), il a complété sa formation par un Certificat d'Études Spécialisées en Hématologie Bioclinique (Abidjan-Cocody, 2010) et plusieurs diplômes universitaires : DFMS d'Hématologie et DIU de Cytogénétique Onco-hématologique (Grenoble), ainsi qu'un DU sur le syndrome drépanocytaire majeur (UPEC).

  • Julien Priour, cofondateur et directeur général d'AI DiagMe

    Julien Priour est éditeur médical senior chez AI DiagMe, où il supervise la ligne éditoriale et le processus de vérification des faits. Diplômé de HEC Paris, il cumule 3 années d'expérience en édition santé et a été formé à la rédaction et publication scientifique par l'Institut de Recherche pour le Développement (FUN-MOOC, 2026). Il veille à ce que chaque article respecte les recommandations médicales en vigueur et soit relu et validé par un médecin du comité scientifique et éthique. Il définit les standards de sourcing (HAS, Ameli, INSERM…) et de relecture appliqués à l'ensemble du site.

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